lundi 11 décembre 2006

Comment lancer une démarche de management des idées ?

Les systèmes de management des idées sont des solutions « web-based » aidant les entreprises à valoriser l’intelligence de l’ensemble de leurs collaborateurs. Ils couvrent le processus de maturation des idées depuis leur création jusqu’à la décision de leur implémentation et de leur diffusion dans l’entreprise. Mais comment mettre en place une telle démarche ?
S’adressant à tout type d’organisation, les systèmes de management des idées peuvent structurer l’amont d’un processus de développement de nouveaux produits (ou de services) ou renforcer une démarche d’amélioration continue (initiatives de réduction de coût, amélioration des processus opérationnels, etc.).
Objectif économique:
Tout d’abord, le management des idées contribue aux performances économiques de l’entreprise. La valeur cumulée des petites améliorations dépasse souvent celle d’une innovation radicale. Les économies réalisées portent sur l’amélioration des process de l’entreprise ou l’amélioration de la qualité des services et des produits. D’après Bernie Sander, un consultant canadien, les économies mesurables obtenues par le personnel, dans le cadre d’une telle démarche, atteindraient de 500 à 1 000 euros par salarié et par an (cf. article de Thérèse Bouveret dans « le point » du 6 mai 2004). Ce calcul ne tient compte que des économies mesurables.
La réduction de l’absentéisme, la réduction du nombre d’accidents de travail ou encore la diminution du «Turn Over » de personnel ne rentrent pas en compte dans ce calcul. Il faut toutefois soustraire à ces économies le coût d’administration, d’étude et de mise en œuvre de l’idée. Une enquête réalisée en 2005 (c f. étude menée en 2005 auprès de 5 clients) a conclu qu’une idée rapporte en moyenne 464 € d’économies mesurables. Elle aura coûté 187 € dont 111 € d’administration (1 administrateur par an pour 502 idées), 42 € de réalisation (y compris les heures d’étude et d’expertise) et 34 € de primes remises au collaborateur. Ceci représente un e économie nette de 277€ par idée.
Objectif social:
Les salariés veulent désormais donner du sens à leur travail. Ils ont longtemps constitué une variable d'adaptation, des ressources à optimiser. Or, dans les faits, on ne peut pas considérer les ressources humaines au même titre qu'une tonne de charbon. L'entreprise va devoir …appréhender la personne qui se situe derrière chaque salarié. Cette démarche est d'autant plus importante que nous nous orientons vers une "guerre des talents". Non seulement il y aura une pénurie de main d'œuvre, mais en plus la différence se fera sur les facultés de chacun, pas sur les process.
Suivant cette logique, les entreprises ont intérêt à écouter les salariés, et à comprendre leurs attentes. Le management des idées est au cœur de ces enjeux. En écoutant et valorisant son personnel, la direction exprime sa volonté d’entamer une action sociale, au même titre que les démarches citoyennes qu’elle entreprend à l’extérieur de l’entreprise.
Une étude réalisée en 2004 par Fleishmann-Hillard/IPSOS démontre que 87% des employés européens disent « être plus fidèles à leur entreprise si elle est citoyenne ».
La reconnaissance : pilier de la démarche
La démarche de management des idées est une démarche volontariste. Elle repose sur la participation du personnel. Quels sont donc les facteurs qui conduisent un collaborateur à s'investir ?Le souhait de reconnaissance est le principal moteur de l’investissement. C’est aussi le point le plus difficile à orchestrer. Il faut dissocier quatre typologies de reconnaissance. Nous les listons ici par ordre décroissant d’importance.
La reconnaissance au quotidien .
Est de loin la plus importante. Il s’agit d’écoute, de considération et de soutien. Un auteur doit être écouté, informé régulièrement de l’étude de son idée. La décision doit être prise dans un délai court (moins de 1 mois). S’il en a la capacité, l’auteur doit avoir la responsabilité et les moyens d’appliquer son idée. C’est un cercle vertueux. Un auteur mécontent ne soumettra jamais de nouvelles idées même s’il en a d’excellentes à proposer. Un auteur satisfait pourra proposer jusqu’à 30 idées par an.
Vient ensuite la reconnaissance honorifique.
Elle peut se matérialiser par une manifestation annuelle, une remise de prix régulière. La plus efficace des reconnaissances honorifiques reste l’implication de la direction : par exemple, le directeur de l’usine qui vient féliciter l’opérateur sur son poste de travail. Monsieur Salomon, fondateur de la célèbre marque de ski, avait pour habitude de descendre dans l’atelier féliciter un ouvrier à chaque fois qu’il avait eu connaissance de la qualité de son travail. Cette coutume a suffisamment marqué les esprits pour que trente ans après les ouvriers de Salomon en parlent encore.
Certaines entreprises ont un programme de reconnaissance professionnelle corrélé à leur démarche de management des idées. Il s’agit de prendre en compte la participation à la démarche dans le cadre des entretiens annuels, mais également d’identifier chez les collaborateurs des compétences et des domaines d’expertises extraprofessionnelles. Cette évaluation s’applique tout autant aux auteurs qu’aux managers qui seront évalués sur le taux de participation au sein de leur équipe. La prise en compte des idées dans la carrière professionnelle renforce également le degré d’implication de la direction générale.
Le dernier niveau de reconnaissance est monétaire.
Nous le citons volontairement en dernier, car il est certainement le moins important des quatre. Un exemple paru dans un article de l’hebdomadaire « le point » en avril 2004 illustre ce propos : « Ludovic Anfry, 35 ans, aime mettre ses idées en application. En 2001, au moment où son employeur, lance un programme d'« innovation participative » afin de stimuler la créativité de ses 150 000 salariés, cet ancien réceptionniste propose de faire éteindre systématiquement les téléviseurs dès que le client libère sa chambre. C'est simple, mais il fallait y penser : l'idée rapporte entre 600 000 et 1 million d'euros d'économies à son employeur entre 2002 et 2003. Ludovic Anfry, lui, n'a reçu que 600 euros de récompense. Mais il a grimpé les échelons à la vitesse grand V et se retrouve aujourd'hui directeur d'un hôtel Ibis à La Rochelle. « Ma motivation ? Participer activement à la vie de l'entreprise et la faire évoluer », assure-t-il. » La reconnaissance monétaire peut être une prime ou un cadeau. Il est important de corréler ces récompenses à la qualité de l’idée certes, mais également à l’effort de l’auteur. Cette reconnaissance... peut également être un intéressement collectif indexé sur le nombre d’idées et le taux de participation.
Si la reconnaissance est un des facteurs clés de succès d’une démarche de management des idées, elle est cependant rarement spontanée. Pour qu'elle soit systématique, la démarche de management des idées doit donc s’organiser autour d’un « processus de proximité ».

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