Il y a une vingtaine d’années environ, un grand sociologue des Nations Unies, M. Thomas Gauss, était délégué en mission en Afrique et l’avait parcourue pays par pays pendant neuf mois . Le dernier point à visiter avant d’entrer chez lui était le Maroc où, feu Hassan II avait offert en son honneur lui et ses compagnons, un déjeuner extraordinaire au Palais Royal d’Ifrane . Au moment du repas auquel plusieurs personnalités ont été invitées, Sa Majesté s’est retourné vers son invité qu’il a fixé d’un regard significatif et lui demanda : S’il vous plait M. Thomas, dites nous à la lumière de votre longue tournée, ce que vous pensez réellement de l’Afrique ? . Après un bon moment de réflexion sur cette question ouverte, le sociologue a répondu sèchement sous le silence de respect et de curiosité qui régna à la grande salle : « l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie » et par conséquent, les occidentaux ont complètement tort d’avoir reproché à ses Chefs d’Etat leur dictature, car, j’ai finalement pu comprendre que sans leur ferme autorité, leur pays ne connaîtront pas la stabilité et la paix intérieure . Se sont vraiment ces Chefs d’Etat qui connaissent parfaitement la mentalité étroite de leur peuple et les conséquences néfastes de la liberté et de la démocratie précoces, et ils savent toujours, mieux que quiconque, s’armer de courage et de détermination pour éteindre le feu de l’ignorance, pour étouffer les émeutes sauvages et pour affronter efficacement les problèmes de toutes les formes . En plus, il a ajouté que malgré cela, il tient pour responsable chaque Chef d’Etat pour l’état de son Etat, car, il doit œuvrer sans relâche pour extirper le mal à sa racine, il doit lutter contre la perversion, contre le détournement des deniers publiques et il doit éduquer son peuple comme il doit veiller de son mieux à le débarrasser de l’analphabétisme et de la pauvreté qui sont des ennemis perfides et bien redoutés … En partant de ses constatations effectuées sur le tas, M. Thomas a souligné qu’il a en fin de compte compris à l’issue de son long séjour, pourquoi certains pays africains prennent un élan dans l’expansion sociale alors que d’autres connaissent la stagnation ou le déclin . Par similitude aux constatations de ce sociologue, il est souhaitable de s’interroger sur le phénomène controverse qui fascine, qui demeure sans explication convaincante afin de savoir pourquoi les leaders qui s’insurgent violemment et qui réussissent à déstabiliser les dinosaures des Etats qui ont opprimé et qui ont muselé pendant des siècles leur peuple, se transforment à leur tour et dès leur accession au pouvoir, en fac-similés de ceux qu’ils ont destitués et ne cessent de pratiquer la dictature pour instaurer la démocratie à peu près comme leurs précédents pratiquaient la démocratie pour instaurer la dictature . A l’instar de cette similitude, il serait également utile de chercher à comprendre à travers ce petit monde, pourquoi les citoyens autochtones qui ont obtenu l’indépendance de leur petite République et qui sont libérés par raccroc de l’autorité inouïe de leur dictateur, se réveillent avec beaucoup de retard de leur grand sommeil et usent de la mentalité de leur seigneur..... Ces derniers ne tergiversent pas un moment et n’essayent pas d’être compréhensifs pour savoir que selon la loi de la nature, le bien et le mal sont acculés à vivre ensemble en bon voisinage et que le recours à se débarrasser de tout voisin qui dérange et qui n’est pas du même avis, de la même tendance ou de la même religion, est une erreur stratégique majeure . C’est une décision qui puise son essence dans le raisonnement intégriste totalitaire qui ne tolère pas la nuance et qui rejette la différence . Ils oublient alors, et je tiens à le réitérer, que l’unité qui n’a jamais rimé avec l’unicité, puise sa force et sa richesse dans la diversité …De même, ils n’arrivent pas à comprendre que tout démocrate qui se respecte doit constamment se remettre en question en assumant et en s’assumant, car, le respect ne s’impose pas mais il s’inspire …. .
lundi 18 décembre 2006
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