mardi 6 février 2007

Quelques risques domestiques identifiés chez l'enfant (France) : à méditer

Les portes de garage automatiques
Les portes de garage automatiques ne sont pas des matériaux récents, mais les grands enfants ont découvert, il y a quelques années, qu'elles pouvaient être de parfaits instruments de jeu. Les accidents se sont alors multipliés. En septembre 1987, quelques responsables d'unités pédiatriques de soins intensifs s'en inquiétèrent. Depuis le 1er janvier 1987 en effet, 13 cas avaient été répertoriés en région parisienne, dont 7 décès, souvent constatés sur le lieu même de l'accident, 2 encéphalopathies séquellaires majeures et seulement 4_guéris. La gravité de ces accidents était due au fait que les enfants sont écrasés au niveau du tronc, de la tête ou du cou le plus souvent, le corps de l'enfant bloquant le mouvement de fermeture ou d'ouverture de la porte. Les services de secours ne parviennent que difficilement à dégager ces enfants devant l'absence d'un système de sécurité pouvant être actionné à la main.
Ces accidents sont, pour la plupart, la conséquence de jeux d'adolescents qui se suspendent à la porte automatique lors de sa montée pour lâcher prise au dernier moment ou qui franchissent la porte in extremis lors de sa fermeture, qu'il s'agisse d'une porte coulissante ou basculante. Une mauvaise appréciation de la situation, de la vitesse de la porte ou une glissade malencontreuse peuvent entraîner un écrasement de l'enfant entre la porte et la structure du bâtiment, soit au niveau du plafond, soit au niveau du sol ou encore latéralement entre la porte et le mur. Dans quelques cas, il s'agissait de très jeunes enfants âgés de 2 à 4 ans qui, jouant trop près de la porte et très absorbés par leurs jeux, se retrouvaient écrasés au moment de la fermeture de celle-ci alors qu'elle ne disposait pas de système de sécurité automatique.
Pour réduire ce risque, il a été demandé aux propriétaires d'immeubles d'avertir les utilisateurs de ces portes de leurs risques en apposant une affichette autocollante (20 000 affichettes ont été mises à la disposition des offices HLM, des collectivités, des propriétaires et des gérants d'immeubles…).

Poudres de machine à laver la vaisselle
En pleine expansion depuis quatre ou cinq ans, comme l'indiquent les statistiques du service d'urgence ORL de l'hôpital des Enfants malades (professeur Roulleau) pour la région parisienne, les poudres de machine à laver la vaisselle sont très caustiques par leur pH aux environs de 13. Elles provoquent les mêmes lésions bucco-pharyngo-laryngées et œoesophago-gastriques que la soude caustique, sans en être.
L'intoxication survient le plus souvent lors de l'utilisation du produit de lavage par l'adulte et le remplissage de la machine à laver. Le conditionnement est ouvert lors de la manœuvre, la mesurette-doseur est bien tentante pour les petites mains exploratrices, comme la poudre d'ailleurs, dans laquelle on plonge les doigts.
Malgré les recommandations et les précautions d'utilisation portées sur l'emballage, muni d'une bande rouge d'alerte pour le consommateur, malgré l'information que nous tentons de diffuser largement à propos de ces produits, ce type d'intoxication augmente régulièrement en fonction du taux d'accroissement annuel de l'équipement des ménages en machine à laver la vaisselle (2 % par an). Actuellement, 35 % des ménages en sont équipés (1995). Les fabricants, après concertation avec les services médicaux et les ministères, ont dès 1989 introduit des systèmes de fermeture à l'épreuve des jeunes enfants de moins de 4 ans, pour les poudres, gels et tablettes de produits de lavage pour lave-vaisselle, sans attendre l'obligation réglementaire, qui est en place depuis juin 1992 pour tous les produits caustiques ou très dangereux (directive européenne et décret d'application français). En mai 1998 un produit de pH_11 sera commercialisé et classé dans les " irritants ".

Fours à micro-ondes
Il faut certes vivre avec son temps, mais l'utilisation de certains équipements électroménagers, quelle que soit leur taille, permet de mettre en lumière des accidents pervers aux dépens d'enfants, qui en sont les victimes innocentes. Les fours à micro-ondes font partie de cette catégorie. La méconnaissance par le public de la méthode de chauffage des aliments explique la survenue de graves brûlures oropharyngées et de la bouche œsophagienne chez les nourrissons.
Presque toujours, il s'agit de " fin " de biberon qu'on met à réchauffer au four à micro-ondes. Quand après réchauffement on prend le biberon à sa partie supérieure, en contact avec l'air qu'il renferme, on ne peut avoir une sensation de très chaud, ni bien sûr de la température du peu de lait qu'il contient, brûlant le plus souvent.
Si on ne pense pas à agiter le contenu du biberon et à contrôler la température du lait sur le revers de sa main, l'enfant sera brûlé atrocement, prélude à des séquelles épouvantables et peu modifiables par la chirurgie réparatrice et plastique.

Risques d'incendie d'habitation
Chaque année, près d'une centaine d'enfants, des petits pour la moitié, meurent ainsi du fait d'une intoxication par les fumées et des brûlures. Dans 30 % des cas, les parents s'étaient absentés et les enfants laissés seuls ; trop souvent, il s'agit de plusieurs décès simultanés dans la famille.
La prévention comporte :
- La recommandation de ne pas laisser seuls les petits enfants ;
- L'information sur les dangers de la fumée qui peut tuer en quelques minutes ;
- La nécessité d'installer chez soi des détecteurs individuels de fumée, qui sont très répandus dans d'autres pays et qui ont fait la preuve de leur efficacité, surtout la nuit, en réveillant à temps ceux qui gardent les enfants.

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