- Partie 4 : Evolution numérique et origines de la communauté algérienne d¹Oujda
- L¹origine de cette immigration :
Les Algériens installés à Oujda et sa région venaient en majorité de l¹Oranie, en particulier de Tlemcen et Nedroma. A. Guitouni établit une liste des patronymes répartis par l¹origine géographique. Selon cette liste, sur les 131 noms de familles, l¹Oranie en totalisait 88% répartis de la façon suivante : Tlemcen 33% ; Nedroma 30%, 25 % provenaient des autres localités de l¹Oranie telles que Mascara,Marnia, Mostaganem...etc. Le reste des patronymes, soit 12% provenait de Kabylie, du Sud oranais ou d¹ailleurs.
- L¹évolution numérique :
Avant l¹occupation française d¹Oujda en 1907 les Algériens ne dépassait pas le millier ; et 1.377 en 1910. Ce nombre connaîtra une augmentation rapide après l¹instauration du Protectorat selon le capitaine Louis Voinot, 1912, et M. Lemaille, 1937.
- Activités professionnelles et répartition géographique à Oujda :
Il n¹y avait pas de quartier algérien à Oujda. Cependant au début du XX e siècle ils étaient plus nombreux dans les villages suburbains comme Dhar Mhella ou « zone des jardins », Darb M¹Basso. Ils avaient même leur propre mosquée. Avec l¹afflux intensif d¹Algériens au cours de l¹après guerre et l¹arrivée massive d¹ouvriers sans qualification, ils s¹installent dans les quartiers périphériques. Soit à l¹ouest d¹Oujda tels que Villages Khaloufi, Chrif-N¹Gadi et Mir Ali, où ils représentaient 3,25% de la population totale en 1955, soit dans les villages du Nord où il totalisent 1824 soit 17,49% de la population totale. Dans les villages dits « agricoles » du 3ème arrondissement ils représentent 22%. (644 personnes). On peut suivre les activités professionnelles exercées par les Algériens d¹Oujda, grâce aux indications reproduites par M. Lemaille en 1937, de l¹enquête de Lombard en 1951 et de l¹Annuaire marocain. La distribution dans les professions en 1937 établie par Lemaille permet de remarquer que les chefs d¹entreprise sont plus nombreux que les ouvriers ou les employés. On peut regrouper ces renseignements de la façon suivante : Les renseignements qui ressortent de l¹enquête de M. Lombard en 1951 qui portesur 3.200 foyers sont les suivantes : -620 dans l¹agriculture -760 dans le commerce -240 dans l¹artisanat -808 ouvriers -262 fonctionnaires -10 professions libérales dont : (2 médecins, 3 avocats, 1 défenseur agrée, 3 pharmaciens, 1 dentiste). Plus une population flottante de 500 chefs de familles profitant de l¹ « osmose frontalière de la Région d¹Oujda » Parmi les commerçants, l¹enquête signale « un quart d¹entre eux comme commerçants en gros, industriels, transporteurs etc. 170 sur 760 commerçants correspondant à cette grande bourgeoisie dont nous avons déjà parlé, le reste est formé de «boutiquiers».
Ce mouvement migratoire prit fin subitement avec l¹indépendance de l¹Algérie en 1962. Un mouvement massif de reflux vers l¹Algérie se produisit alors. Ainsi le pourcentage des Algériens dans les villes de l¹Oriental passa de 20% en 1960 à 2% en 1971, avec un peu plus de 7.000 personnes dont 5.000 à Oujda et un millier dans la ville frontalière d¹Ahfir. Au recensement de 1982, 5.500 Algériens seulement vivaient dans la région orientale, cette baisse est due à l¹accès d¹un bon nombre d¹Algériens à la nationalité marocaine. Et presque à la même date (en 1984), le nombre de Marocains résidant en Algérie était estimé à 200.000, soit 17,5% de la population marocaine à l¹étranger.
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