jeudi 25 janvier 2007

Quand le Roi négociait avec le Polisario

« On parle de régionalisation, mais on n'a pas encore fixé de critères. La région et l'autonomie sont des mots, on peut leur donner le contenu qu'on veut ».
Ce fut la réponse du prince héritier à Bachir Mustafa Sayed, un des négociateurs du polisario lors de la fameuse rencontre de Rabat en septembre 1996 dont nous publions les minutes. Dès 1996, il y a dix ans, la monarchie travaillait sur une sortie du conflit par la régionalisation, voire l'autonomie. Ce qui fut donc présenté en août 2000 comme une inflexion majeure de la stratégie marocaine était en réalité dans les esprits depuis au moins quatre années. Nous savons aussi que parmi les dossiers les plus délicats confiés au G14, le fameux think tank de Hassan II, figurait un projet de fédéralisation du royaume avec parlements régionaux.
Dans cette affaire, le Maroc dispose pourtant d'atouts considérables. Sur le plan diplomatique d'abord, il a hérité d'un soutien conséquent de « grandes puissances » plus ou moins « concernées par cette question » : Espagne, France, Etats-Unis. Sur le plan politique, ensuite, le processus de réconciliation avec le passé, conduit par la monarchie, en dépit de ses limites, a eu un impact positif sur la communauté internationale et particulièrement, dans les milieux officiels américains. La réforme de la Moudawana a également eu, des retombées positives sur la vision que l'élite politique américaine a du Maroc. Tous ces éléments risquent pourtant de perdre de leur lustre si la proposition d'autonomie ne prend pas en compte les ingrédients d'une réelle démocratisation.
Intransigeance des américains.Que prépare le régime pour s'adapter à cette nouvelle donne ? A Washington, l'humeur est au pessimisme. On craint que le Maroc ne fasse pas les efforts nécessaires pour présenter un plan qui permette à la communauté internationale de faire pression sur le Polisario pour qu'il abandonne ses ambitions d'autodétermination.

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